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Motormag | May 24, 2018

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Jaguar XE

Jaguar XE

Not so british…

 Jaguar nous a convié en Afrique du Sud, dans la région de Cape Town, pour découvrir en conditions réelles sa nouvelle arme de conquête : la XE.

Depuis le rachat de Jaguar/Land Rover par l’Indien Tata, la gamme du constructeur anglais ne cesse de s’étoffer. Sauf que Jaguar est parti du plus haut de gamme pour redescendre petit à petit. Après la splendide XJ, l’attachante XF et la très sportive F-Type, voici que Jaguar débarque enfin sur le plus important segment du marché premium : celui des berlines familiales. Cette XE est pleine de promesses et prouve bien que le Jaguar a les crocs et s’attaque sans trembler aux références du genre : Audi, BMW et Mercedes. Mais au lieu de viser une confrontation frontale en terme de qualité, finition et confort, le félin fait patte de velours et préfère tenter une approche plus passionnelle en passant par la porte de la sportivité et du plaisir de conduire. Un pari osé surtout lorsqu’on retrouve BMW sur son chemin. Mais il faut bien dire que c’est très rusé de la part du Jaguar. Combien sont les marques qui se sont cassées les dents en essayant d’aller titiller les allemands sur leur terrain ? Nombreuses ! Et même Jaguar y était passé à l’époque de la X-Type dont la parenté avec la Ford Mondeo avait réduit à néant ses chances de s’imposer dans le segment des berlines familiales premium. Ce coup-ci, Jaguar a appris de ces erreurs et revient avec un véhicule entièrement nouveau et développé dans le seul but de prendre sa place dans le segment sans doute le plus concurrentiel. Aussi, plutôt que de viser la masse, le félin va plutôt aller s’abriter dans une niche : celle des véhicules premium pour “conducteur”, j’entends par là ceux pour qui la conduite passe avant le reste. A tel point que Jaguar place la XE face à la BMW Série 4 Grand Coupé plutôt qu’à la Série 3 ou à l’Audi A5 Sportback plutôt qu’à l’A4. La XE n’a esthétiquement d’ailleurs rien à envier à ces dernières. La XE est ramassée, râblée et musculeuse comme un félin prêt à bondir sur sa proie.

La face avant reprend la calandre et le regard de ses sœurs XJ et XF dans une version plus “aiguisée”. Les phares adoptent évidemment la lame de LED typique de la marque. L’air de famille est tel, qu’il sera difficile de différencier la XF et la XJ de face, sinon par les dimensions. Le profil est beaucoup plus classique mais les jantes proposées, au minimum du 17 pouces et jusqu’à 20 pouces, annonce la couleur avec un grand choix de dessins tous plus agressifs les uns que les autres. Au travers des jantes, on aperçoit de grands disques de freins pincés par des étriers mono-piston gris ou rouges pour la version S.

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L’arrière peut décevoir un peu au premier coup d’œil. Si on ne fait pas attention, on peut y voir un postérieur d’Audi A5 sans grande originalité. Cela dit, après avoir eu l’occasion de le voir en détail de longs moments en roulant derrière d’autres XE, il faut avouer que plus on le regarde, plus on s’y fait et plus on trouve cet arrière agréable à l’œil. En fait, la surprise est qu’après avoir vu l’avant très “Jaguar”, on ne s’attend pas forcément à ce que l’arrière rompe autant avec le style maison. Mais c’est aussi ça une marque dynamique. Elle doit être capable de se réinventer. Le résultat est au final réussi mais je vous laisse l’occasion de vous faire votre propre avis. Pour confirmer l’esprit sportif qui souffle sur cette XE, les deux versions essayées (2.0 turbo et 3.0 Supercharged) adoptaient deux sorties d’échappement insérées dans un simili diffuseur noir. Le tableau est posé : la XE sera sportive ou ne sera pas !

L'habitacle présente bien même si quelques détails de finition déçoivent.

L’habitacle présente bien même si quelques détails de finition déçoivent.

Et ce constat est aussi valable pour l’intérieur. Oubliez les essences de bois nobles et les moquettes épaisses typiquement anglaises. Avec la XE, Jaguar rentre dans le rang et propose un habitacle premium/sportif, mais le charme anglais en moins. Le style est moderne et on retrouve des détails typiquement Jaguar comme ce bandeau qui fait le tour de l’habitacle à la base des surfaces vitrées. L’instrumentation avec ses deux compteurs ronds est issue de la très sportive F-Type, tout comme le volant. L’ensemble conserve tout de même quelques touches de luxe avec une planche de bord tendue de simili-cuir. Avec un œil plus critique, on note certains détails un peu décevants pour un véhicule de son rang, à l’image de la casquette au-dessus de l’instrumentation faite d’un plastique dur indigne d’une Jaguar. Ce type de plastique se retrouve aussi au niveau des poignées de portes et de la partie basse de la console. Au demeurant rien de rédhibitoire, mais des détails qui font tache surtout lorsqu’on la compare avec sa concurrence allemande. Heureusement, on oublierait presque ces détails en observant la très belle sellerie, la console centrale laquée noir, le sélecteur de vitesse rotatif ou encore les bouches d’aération latérales en aluminium brossé.

Enfin, un très grand écran tactile et couleur domine la partie centrale. Il réunit tous les menus d’un nouveau système d’infotainment assez conviviale et intuitif. Il commande une sono Meridian d’une très belle qualité sonore.

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La position de conduite qu’offre cette Jaguar XE est au niveau de la référence incontestée en la matière, à savoir BMW. Le siège dispose de multiples réglages, le volant est réglable électriquement dans les deux sens et l’ergonomie est excellente. L’impression de sportivité est amplifiée par une assise basse et une ceinture de caisse assez haute. Le maintien du fauteuil est parfait, tout comme son moelleux d’ailleurs. A l’arrière, les passagers seront moins bien accueillis. La longueur aux jambes est insuffisante pour que les plus grands puissent prendre place confortablement. En outre, la garde au toit au niveau de la tête des passagers gênera ceux qui mesurent plus d’1,80 mètres.

Enfin la XE dispose d’un coffre de 450 litres dans la moyenne du segment, mais qui a l’avantage d’être bien aménagé et donc facilement logeable.

Pour sa XE, jaguar a développé une toute nouvelle plateforme ainsi que des trains roulants très évolués. Le châssis utilise une structure monocoque en aluminium gage de légèreté, de rigidité et de résistance à l’impact. Pour les trains roulants, la XE reprend une suspension avant à double triangulation similaire à celle de la F-Type. Pour l’arrière, Jaguar a développé un “Integral Link System” très perfectionné afin d’assurer un confort et une efficacité optimum quelques soient les conditions. En outre, les pièces en aluminium forgé assurent une rigidité maximum pour un poids minimum. En pratique ce train arrière assure une motricité parfaite et un ressenti très direct et réaliste de ce qui se passe sous les pneus. De plus le poids contenu offre une plus grande vivacité. C’est comme si la XE réagissait au doigt et à l’œil. Grâce à sa direction électrique de dernière génération et à son train avant de F-Type, la XE offre un plaisir de conduire décuplé par rapport à la concurrence. Mercedes et Audi sont largués, seul BMW fait face. D’autant qu’en dehors d’un bruit de roulage persistant, la XE offre un confort sans faille. Certes le comportement global est ferme, mais les suspensions filtrent bien et le roulis est inexistant. La version S adopte en plus une suspension adaptative, selon le mode de conduite choisi, qui préserve le confort malgré les jantes de 20 pouces.

Le pavillon commence sa descente très tôt. Du coup, la garde au toit aux places arrière est limitée.

Le pavillon commence sa descente très tôt. Du coup, la garde au toit aux places arrière est limitée.

Enfin, nous avons pu essayer la version 4 cylindres 2.0 turbo de 240 chevaux ainsi que la très sportive version V6 3.0 Supercharged de 340 chevaux. Premier constat, les deux sont dynamiques et se placent dans la branche sportive du segment. Les deux adoptent aussi l’excellente boîte automatique ZF à convertisseur de couple dotée de 8 rapports… comme BMW…

En ce qui concerne le 2.0 turbo, il offre une allonge sympathique, mais l’arrivée de la puissance est soudaine. En fait il faut laisser le temps au turbo de se charger et quand c’est fait (à 1750 tr/min), la puissance et surtout le couple de 340 Nm arrivent de manière vigoureuse. Ce n’est pas idéal pour le confort et la souplesse, mais par contre c’est parfait pour les sensations. Il dispose même d’une sonorité à l’échappement travaillée très sympathique pour un 4 cylindres. Même avec cette mécanique conventionnelle, Jaguar est parvenu à doter la XE d’un caractère bien trempé. Pour les performances, il faut compter 6,8 secondes pour le 0 à 100 km/h et une vitesse maximale de 250 km/h.

Le haut de gamme repose sur la version V6 3.0 Supercharged, la même mécanique que la F-Type V6. Fort de 340 chevaux et d’une couple de 450 Nm, ce V6 compressé sied parfaitement à la XE. Sans revendiquer les puissances colossales des dernières M3 ou autre C63 AMG, il est finalement bien mieux adapté à une utilisation de tous les jours, tout en conservant un caractère sportif. Sa sonorité au démarrage fera frissonner n’importe quel fanatique de belles motorisations, tout comme ses montées en régime fulgurantes. A pleine charge, le sifflement du compresseur est si puissant qu’il couvrirait presque le bruit du moteur. C’est d’ailleurs la seule chose qu’on peut lui reprocher. A l’intérieur, la sonorité du moteur est étouffée et couverte par le bruit du compresseur et la sonorité de l’échappement. Les performances sont évidemment en hausse avec un 0 à 100 km/h en 5,1 secondes. Avec cette motorisation, la XE dévoile un tempérament de feu tout en s’adaptant sans la moindre objection à une conduite coulée. En effet, le V6 Supercharged offre une onctuosité à bas régime sans équivalent. La remise des gaz se fait sans le moindre à-coup et tant que vous restez sous les 4000 tr/min le calme et la volupté s’offrent à vous. Par contre, enfoncez l’accélérateur et vous découvrirez qu’à 4500 tr/min la XE change de visage. En effet, c’est le seuil à partir duquel la totalité du couple est envoyé aux roues arrière. Sélectionnez le mode Dynamic, les compteurs virent au rouge, la suspension se durcit et la direction devient plus directe, c’est parti pour une petite séance de pilotage !

Grâce à l’utilisation massive d’aluminium aux bons endroits, Jaguar a réussi à doter sa XE d’un comportement de sportive digne d’une voiture beaucoup plus légère. Le sous-virage est inexistant et le sur-virage très bien contrôlé par un ESP de dernière génération. Ce dernier ne coupe jamais les gaz, il ne fait que les réguler pour permettre à la voiture de rester à la limite entre adhérence et perte d’adhérence. L’efficacité s’en trouve grandement avantagée.

Jaguar signe son retour sur un segment très concurrentiel avec une voiture bien née. Mais ne vous trompez pas ! La XE s’adresse aux vrais conducteurs. Ceux pour qui les sensations et le plaisir de conduite passent avant tout le reste.

Plus :
Caractère sportif
Motorisations réussies
Plaisir de conduite
Moins :
Détails de finition
Garde au toit arrière

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